Alepotrypa, 5 000 ans d’oubli, 9 000 ans d’histoire …

Des lieux mythiques, il en existe des dizaines, des centaines peut-être, mais celui-ci est particulièrement touchant tant son histoire est vieille ( 9 000 ans), sa réputation internationale au néolithique qui a inspiré le royaume d’Hadès et des visiteurs venant de très loin,  des offrandes Néanderthaliennes et son destin macabre qui lui aura permis de traverser cinq millénaires loin du regard des hommes . Alepotrypa, zoom sur une merveille historique, archéologique et culturelle au croisement de la préhistoire et de l’histoire…

photo by Kanakis Christos

En 1958 jean et Anna Petrokhilos ignorent que leur chien vient de permettre l’une des découvertes majeures dans l’histoire de l’évolution des hommes d’Europe, un lieu préservé, unique et impressionnant qui fait de ce lieu . Tout d’abord, c’est une grotte aux dimensions extraordinaires, une profondeur de près de 1 km, la pièce principale a largeur moyenne de 100 mètres et une hauteur de plafond à certains endroits qui atteint les 60 mètres.  Une véritable cathédrale troglodyte et païenne. Cette grotte ne fut pas un simple abri, les découvertes réalisées dedans nous apportent quelques surprises comme des inhumations cérémonielles, des poteries, quelques armes et des petits bijoux d’argent et de cuivre.

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Située au fond de la rade de Diros sur la côte occidentale du Magne, au Sud du Peloponèse, à 90 KM S.E de Kalamata et à 75 Km au Sud de Spartes, elle s’ouvre à l’Ouest, à 200 mètres de l’entrée d’une autre grotte découverte au XIX eme siècle. Aujourd’hui on y entre par un accès situé une dizaine de mètres au dessus de l’entrée d’origine, qui descend en pente raide jusqu’au premier lac souterrain d’eaux saumâtres en surface sur 4 mètres, et ensuite sur les 4 autres mètres, on trouve de l’eau de mer.

Des fouilles à l’extérieur de la grotte permirent de conclure qu’il y avait toute une organisation hierarchisée autour de cette grotte, ce qui en fait l’un des plus grand complexes villages du néolithique.  Selon toute vraisemblance, Alepotrypa servait de sépultures pour des personnes prestigieuses depuis au moins 9 000 ans. Des types d’offrandes semblent venir de partout en Europe, on y trouve même des outils Néanderthaliens. La question qui réside est de savoir si ces objet proviennent d’hommes de Néanderthal venus en pélerinage   dans cette grotte sacrée mais gérée par des homo sapiens ? Ou si ce sont des biens confisqués, gagnés, ou échangés à des Néanderthal par des homos sapiens.

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Pendant environs 4 000 ans, la grotte servira ainsi à la fois de lieux de culte et d’inhumation, et de lieu de vie pour une centaine de personnes,
mais va s’arrêter brusquement et dramatiquement lors d’un tremblement de terre qui obstrua l’entrée, emprisonnant et condamnant à mort les personnes qui y vivaient en permanence, c’était il y a 5 000 ans, depuis, seul le temps est passé dans cette grotte, laissant à l’immortalité ces lieux sacrés.

Michael Galaty , un archéologue Américain qui a bien étudié les lieux suppose même que la légende du royaume d’Hadès serait issue de cette grotte et que son lac aurait inspiré le fameux Styx, la rivière des enfers. La popularité des lieux en a fait une légende par les témoins occulaires, et au fil des siècles, le mythe finit par prendre le dessus, et il aura la peau dure puisque ce n’est qu’aujourd’hui que l’on peut établir que si ça n’est pas l’enfer des Grecs, ce fût au moins l’enfer pour la centaine d’hommes qui y périrent l y a 5 000 ans …

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. évhémère dit :

    Pourtant, Jean Van Hamme fait état d’un emplacement dans une toute autre région de Grèce, en Epire : un massif montagneux au Nord-Ouest, proche de la frontière avec l’Albanie : la caverne d’Achéruse , un labyrinthe de grottes et de gouffres, traversé par des rivières souterraines. A l’entrée, un cours d’eau, ce qui reste de l’Achéron, le fleuve des Enfers ( avec le Styx ) disparaît dans les profondeurs !…
    Une autre entrée est située par la mythologie gréco-romaine en Turquie, « la Porte de Pluton », dans une station thermale de l’Antiquité exhumée par une équipe italienne !… Des gaz dangereux, aux propriétés hallucinogènes ( « divines » ) sortent encore du « Plutonium » !…

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  2. steve legere dit :

    Bonjour Évémère, merci pour ces précisions, il est fort possible que d’autres lieux en soient aussi des entrées potentielles pour les enfers.
    Celle-ci est fondée sur un fait réel, avec une activité humaine régulière et culturelle depuis 9 000 ans, nous n’en connaissons pas de pareil c’est le triple de l’âge de Stonhenge.
    Mickael Galaty le suppose à juste titre et moi aussi ainsi, probablement parce qu’il se dit que lorsque la grotte s’est effondrée (on est déjà sur le sol mythologique de Grèce), ce fut un drame humain puis un drame culturel car rituellement, les hommes y allaient depuis 4 000 ans, puis « POUF ! » terminé. Ce fut un drame qui a bouleversé tous les échanges fragiles établis au fil des millénaires à travers une Europe dépeuplée, ou peu peuplée. Un endroit devenu légende mythique tant elle est diluée dans les millénaires.
    Les hommes ont certainement étés traumatisés, et ont certainement cru que de terribles drames des dieux allaient s’abattre sur eux. Et fuyant l’endroit devenu maudit, ils se sont transmis leur version de pères en fils, ils ont fini par la déformer en se la transmettant ensuite de bouche à oreilles pendant 2 500 ans, avant qu’enfin à l’époque Mycéenne, vers 1 500 avant JC, quelqu’un enfin la transcrive dans la cosmogonie originelle 2 500 ans après les faits, puis encore attendre 1 800 ans pour que enfin, Homère n’en fasse allusion par écrit, il y a pour nous encore un vide de 2 800 ans entre l’Odyssée et nous .

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    1. évhémère dit :

      Ce fut en somme le 11 septembre du Néolithique avec un « Avant » et un « Après » . Métaphoriquement, Wagner l’a traduit par « le crépuscule des dieux » , quand le Whalalla, le village fortifié d’Odin , s’effondre dans les flammes !… Pour notre Histoire, la référence la plus proche serait la catastrophe de la Mine de Courrières en mars 1906 , qui amena l’instauration d’un jour obligatoire de repos hebdomadaire !…

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      1. steve legere dit :

        🙂 Oui ce sont ces grandes catastrophes qui ont traversées le temps et données des mythes dont on perd peu à peu le fil de la réalité, jusqu’à ce qu’une découverte majeure vienne redonner des éléments originels.
        L’histoire du monde et ses bouleversements climatiques.

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